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Ses hurlements l’avait réveillée, encore une fois, comme si seize fois dans la nuit n’avait pas suffit. La jeune fille sort un pied de ses draps, et puis l’autre, laisse glisser ses jambes en bas du lit, et relève le torse. Quand elle pense que c’est elle qui a fait ça, cette petite chose qui braille sans s’arrêter, ne lui sourit jamais, c’est à peine s’il la regarde. Peut-être que ça aurait été différent si ce gosse avait eu un vrai père… Elle n’en sait rien. Et il continue de hurler. Est-ce qu’un jour ses poumons se videront pour ne plus jamais se remplir ? Peut-être que ce serait mieux.
Lentement elle se dirige vers le berceau, est-ce qu’un jour il va cesser de la rendre sourde ? Elle voit sa tête hideuse, rouge, humide, des cheveux crépus, des petits bras qui gesticulent en tout sens, ses regards vides. Mais que veut-il encore ce gosse ? Il ressemble déjà à son père, comment cela est-il possible ? Elle ne veut pas revoir son visage, ce visage à l’expression avide, ce regard absent, neutre, qu’elle n’a vu que pendant qu’il…
Enfin il s’arrête de pleurer, définitivement elle l’espère. D’où vient ce sang qu’elle a sur les mains? Elle ne comprend pas.
--> gravure sur métal
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La plage est déserte, le ciel est gris, la mer aussi. Il marche lentement, sa veste est grise, et chiffonnée. Un coup de vent, son écharpe s’envole, à jamais perdue…
Une tempête se lève ! Il pense à rentrer. Mais il n’avance plus. Ce n’est plus du vent qui souffle, c’est un mur invisible… Les vagues déferlent dans un hurlement indistinct et le sable tourbillonne dans un souffle infernal, il prend la fuite. Il fuit l’eau salée et glacée, il fuit la tourmente, il fuit ce sable qui l’aveugle et lui racle la peau. Il tente de rejoindre les dunes, et se met à courir, courir encore, craignant les vagues toujours plus menaçantes, craignant le vent, toujours plus fort…
Il se met à suffoquer. Et il ne voit toujours rien. Il finit par ne plus pouvoir respirer, il s’effondre sur le sable. Il se sent comme porté. C’est étrange. Peut être qu’il vole ?
Il ne comprend pas qu’il est en train de se noyer.
C’était une jeune fille distinguée, elle aimait à se faire admirer ; où qu’elle aille, ce n’étaient que des « Oooooh », des « Aaaaah » d’émerveillement, tellement elle était radieuse, tellement elle était adorable. Tous les hommes tombaient amoureux d’elle dés qu’ils la voyaient, comme si un sort leur était jeté. Bien sûr les autres femmes étaient très jalouses : leurs maris ne les regardaient plus, ne leurs faisaient plus l’amour, ne leur offraient plus de cadeaux. C’en était trop! Il fallait la tuer. Toutes les femmes dont les maris étaient ensorcelés se rassemblèrent, après avoir endormi ceux-ci en mettant des somnifères dans leur vin. Elles se dirigèrent d’un pas décidé vers la maison de la jeune fille, armées de bâtons, de couteaux, de fusils et de colère. Quand elles forcèrent la porte, elles découvrirent la jeune fille qui pleurait. Cela ne les arrêta pas… Cette petite peste devait payer ! La jeune fille se laissa traîner sans peine au dehors de sa maison. Elle ne se défendit pas des paroles injurieuses des femmes , ni de leurs coups, elle les laissa faire. Chacune des femmes lui crachèrent dessus, ensuite, on la tua comme on achève un cheval, d’un coup de feu dans le crâne. On laissa son cadavre ainsi, à la vue de tous, pour qu’on puisse continuer à cracher dessus. Les femmes rentrèrent chez elles juste avant l’aube, chacune retourna discrètement dans son lit, auprès de leurs hommes respectifs.
A l’heure ou le coq devait chanter on entendit des cris et des pleurs dans toutes les maisons des environs. Les hommes ne s’étaient pas réveillés… On supposa que le somnifère qui leur avait été administré était du poison, que le coupable c’était l’entreprise pharmaceutique. On préféra supposer celà.
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